J14 (28/07)

On démarre du lac de Puyvalador pour une grosse ascension de 1000 mètres de dénivelé : le pic de Madres à 2470 mètres, qui va nous permettre de basculer vers Prades. La montée est d’abord progressive sur une piste, puis l’on passe sur un sentier plus raide (variante du GR du tour du Capcir) qui va nous faire monter rapidement vers les 2200 mètres en passant par 2 jolies petites cabanes. Vient ensuite un long plateau d’altitude avec de magnifiques vues sur les Pyrénées. Enfin, la montée finale sir le col est un peu plus raide mais assez courte. On arrive au sommet du pic avec une vue imprenable à 360 degrés. On voit la chaine Pyrénéenne que l’on a traversé, les vallées de l’Aude, l’étang de Leucate, la mer, le massif du Canigou.

Après une petite pause, on redescend par de superbes vallons plus alpins où l’on aperçoit des izards et des marmottes. On mange rapidement cat le ciel s’obscurcit mais il ne pleuvra finalement pas.

On dégringole ensuite pour descendre plus de 1200 mètres sur du sentier puis une piste. Sophie se fait mal à la cuisse et ne se sent pas de continuer. Elle nous quitte au niveau du col de Jau où un couple de randonneurs va la ramener sur Prades en voiture.

On continue notre descente qui va nous amener à 12 kilomètres de Prades dans la jolie forêt de Nohède et d’Urbanya. On plante notre dernier bivouac en forêt.

J13 (27/07)

La nuit a été bien froide et surtout très humide. Lever dans le brouillard épais et glacial. On ne traine pas trop pour partir.

La journée commence par des hauts et des bas pendant un bon moment sans aucune visibilité. On arrive au début de l’ascension vers le col de Terrers qui culmine à 2400 mètres dans le brouillard et l’on va passer au dessus de la mer de nuage à mi hauteur. La vue est alors splendide sur toute la vallée qui nous entoure. Le soleil nous réchauffe et l’on peut faire sécher nos tentes trempées.

La descente du col va se faire sur un petit sentier pas très bien signalé mais de toute beauté dans de petits vallons herbeux avec des troupeaux de vaches. On poursuit sur une longue piste descendante qui nous amène à Esposolla, puis un joli sentier arrive à Puyvalador où nous allons passer la nuit au bord du lac.

J12 (26/07)

On part de L’Hospitalet-prés-l’Andorre dans le brouillard pour une ascension qui va nous faire passer un col vers 2500 mètres. La montée se fait tranquillement sur un bon chemin jusqu’au refuge de Bésine. Ensuite le sentier devient plus pierreux et raide jusqu’au col dz Coma dAnyell (nous déjeunons sous le col au bord d’un petit lac). La descente se fait par le GR7 vers me refuge d’en Bey et va se révéler assez technique avec pas mal de rochers et marches à franchir. On termine au refuge dans le froid et le brouillard.

J11 (25/07)

Nous remontons la vallée vers la ville de Soldeu en empruntant un sentier qui monte d’abord bien raide puis reste à niveau pendant 3 à 4 kilomètres. Arrivés à Soldeu, nous reprenons un GR qui va nous emmener au col de Dret. Ca monte régulièrement mais nous ressentons la fatigue de la grosse journée d’hier. Arrivés au col, on bascule dans une autre vallée et nous redescendons un peu pour prendre notre repas au bord d’une cabane. Nous empruntons désormais le HRP qui est mal tracé sur cette section. On trouve des signes du GR par endroit mais quasiment pas de sentier. La progression est donc assez lente et difficile, d’autant plus qu’on est souvent en dévers. Les paysages sont beaux et sauvages. Nous ne rencontrerons aucun autre randonneur sur cette section. On finit par arriver au col des clots au moment où le ciel devient noir et que le tonnerre arrive. On n’aura finalement que quelques gouttes de pluie, heureusement, mais un brouillard épais va nous entourer jusqu’à la fin de la journée. On ne voit donc pas grand chose du paysage qu’on va traverser ensuite. Mais on devine de belles cascades et un grand cirque fleuri. Arrivés à L’Hospitalet Près l’Andorre, on retrouve Sophie, Pierre André et les 6 nouveaux marcheurs qui vont nous accompagner jusqu’à Prades : Sophie, Pascale, Martin, Rose, Simon et Gabriel.

J10 (24/07)

Aujourd’hui une grosse étape encore. Nous avons la moitié de l’Andorre à traverser avec plusieurs petits cols à passer. Au total nous avons 24km avec 1700 mètres dénivelé positif et 2400 mètres de dénivelé négatif. C’est beaucoup, mais ça c’est pour le théorie. La réalité est souvent un peu différente comme on va le voir…

Départ tôt vu le prévisionnel, à 6h20 on est dans nos chaussures, le jour est tout juste là pour nous accueillir. On commence par la descente du refuge de Comapedrosa vers la ville de Arinsal, 800 mètres plus bas. La température est agréable et nous cheminons le long des cours d’eau et cascades.

On croise pas mal de monde, on comprend vite que ce dimanche est jour de trail (course en montagne). On voit plein d’athlètes monter comme des furies. Arrivés à Arinsal, c’est le départ de la course des adultes. Laurent tente de courir en tête, ça tient 5 bonnes secondes après quoi il se fait déposer sur place…

On entame ensuite notre première montée : 400 mètres de dénivelé bien raides durant lesquelles on challenge avec ma course des juniors qui nous scotchent sur place rapidement malgré nos efforts. On redescend ensuite de 500 mètres au bout desquels on se retrouve dans le petit village de Arens et son joli petit café où l’on fait une petite pause boisson fraîche bienvenue avant d’attaquer la montée suivante de 300 mètres à nouveau bien raide. On fait ensuite le yoyo montée /descente pendant un petit moment avant de faire notre pause repas en haut d’une petite montagne sur un petit éperon rocheux encore au frais. On sent que la température commence à monter sérieusement.

Une bonne descente vient ensuite nous refaire dégringoler de quelques 300 mètres dans un vallon brûlant avant d’entamer une remontada de 600 mètres fort heureusement à l’ombre et au bord d’un cours d’eau. On prend notre temps pour cette montée fatigante vu la chaleur et le dénivelé déjà parcouru. On trouve des sources et cours d’eau pour faire des pauses rafraîchissantes toutes les 30 minutes.

Arrivés en haut du col, nous quittons définitivement le GR11 pour prendre de petits sentiers locaux en direction de Canillo, notre destination finale du jour. Il ne nous reste en théorie que de la descente, c’est sans compter sur un fichu panneau de sentier qui nous indique « Canillo 45 minutes » et que nous avons le malheur de suivre dans un sentier raide qui finit par aboutir… sur une falaise vertigineuse. Il s’agissait en fait d’une via ferrata à aucun moment signalée come telle. On se retrouve donc à remonter les 200 mètres de dénivelé descendus pour rien. On rejoint le sentier initial à la recherche du passage pour descendre vers la ville qui se trouve 400 mètres plus bas. On a le choix entre la route qui serpente indéfiniment le long de la montagne et un sentier bien raide. On choisit le sentier qui s’avère bien raide effectivement avec des passages en câbles et marches de via ferrata. Pas agréable en fin de journée et avec des sacs à dos de randonnée. On arrive finalement à vers 19h00 après une journée de 13h00 bien remplie. On trouve heureusement une place au camping et une super pizzeria pour nous remettre avant d’entamer encore une grosse journée demain qui nous fera prendre 2 cols via la Haute Route des Pyrénées pour sortir de l’Andorre où nous attend le reste de la troupe pour les 3 derniers jours de descente sur Prades.

J9 (23/07)

La nuit a été bonne dans la forêt si ce n’est des cris d’animaux inconnus (entre le chien et l’orque, un izard peut-être ?). Nous partons vers 7h00 avec une bonne ascension prévue pour passer le col de Baiau. La montée est magnifique avec de grands replats très verdoyants, des lacs partout avec des cours d’eau et des cascades. La montée est assez régulière, entrecoupée de multiples replats.

Nous arrivons au refuge de Baiau sous le col, encore du côté espagnol, vers 11h30.

On prend notre repas puis on entame la partie finale de l’ascension. Elle monte de 300 mètres de dénivelés dans un gros pierrier instable. Pas très agréable et assez technique pour ne pas glisser. Ça nous prend une bonne heure.

Arrivés en haut, nous sommes passés en Andorre, la vue est superbe et la descente est bien meilleure que la montée. Nous faisons une petite pause au bord d’un lac avant de rejoindre le beau refuge de Comapedrosa où nous piquons une tête dans le lac pour nous laver de la journée et nous détendre

J8 (22/07)

Encore une bonne ascension aujourd’hui : comme hier on a une montagne à franchir avec 1300 mètres de dénivelé en montée puis une redescente de 1000 mètres. Si on est en forme, on poussera 5 kilomètres de plus pour débuter l’ascension vers l’Andorre qui nous attend demain matin. On voit déjà depuis hier la chaine montagneuse qui entoure l’Andorre et qui forme comme une enceinte. Le col que nous allons prendre est assez haut (presque 2900 mètres d’altitude) nous promettant une belle journée demain

On démarre donc vers 7h00 en empruntant encore de petits chemins de pays qui nous font monter à travers de jolis petits villages (Esterri de Cardos puis Ginestarre), après quoi on rentre dans le vif de la montée. C’est parfois raide et on finit par être exposés au soleil. Aux deux tiers de la montée on rejoint à nouveau le GR11 qui nous mène au col de Tudella. Un dernier regard aux Encantats et nous franchissons le col avec vue sur la montée vers l’Andorre. La descente se fait plutôt bien mais la chaleur monte sacrément en arrivant à Areu à 13h00, la fin d’étape théorique du jour. On se pose au petit troquet du village et on décide de poursuive vers 16h00, une fois la grosse chaleur retombée. On se pose sous des arbres pour manger et faire la sieste. Le ciel s’assombrit et la température chute un peu, nous permettant de repartir vers 16h00. On longe une piste pendant 40 minutes environ puis on reprend un sentier qui s’élève de 400 mètres pour atteindre le replat qu’on a repéré sur la carte vers 18h30. On fait le plein d’eau dans un ruisseau et on galère un peu pour trouver un spot plat dans la forêt (on redescend un peu la pente pour trouver une jolie petite restanque pour nos 2 tentes). Ce soir, nuit en forêt. On attache notre sac de provision à un arbre pour ne pas attirer les ours, les sangliers et les rongeurs. Demain on passe la frontière pour rejoindre l’Andorre.

J7 (21/07)

On part du camping vers 7h30. Une bonne montée assez raide nous attend pour remonter de 1300 mètres. Le chemin est très bon et nous avons la chance d’être à l’ombre jusqu’au col, tout d’abord à l’abri de la montagne, puis dans de belles forêts denses. Nous passons par le joli village à moitié abandonné de Dorve. Certains passages sont assez raides mais nous en venons à bout en 3 heures environ.

Passé le col, les paysages changent radicalement, devenant beaucoup plus arides avec de la garrigue et des chênes verts. Il fait bien plus chaud aussi. La descente est assez raide et plus fatigante pour moi car je suis plus contracté sur ma cheville. Laurent est en stress, il n’a plus de cartes papier à partir d’ici. Il faudra compter sur mon téléphone.

On arrive au village d’Estaon où nous faisons une petite halte au refuge pour une boisson fraiche et prendre notre repas

On sort désormais du GR11 pour prendre de petits sentiers alternatifs de pays. Et celui-ci n’est malheureusement pas entretenu depuis un moment. On aurait besoin d’un coupe-coupe…

On termine la journée en zigzagan à flanc de coteaux pour arriver à Ainet de Cardos où nous attend encore un camping sympathique.

J6 (20/07)

Grosse étape aujourd’hui. On se lève à 5h45 après une courte nuit : de gros ronfleurs dans le dortoir… On est les premiers levés du refuge, il fait encore nuit. Le gardien a accepté de nous laisser de quoi petit déjeuner sur une table. Je remets bien en place mon strapping de cheville et on va bien voir ce que ça donne aujourd’hui. J’avoue ne pas avoir passé une bonne nuit aussi pour ça : ça me ferait mal d’abandonner la rando à cause de cette stupide entorse. On a quand même réfléchi aux différentes possibilités qui s’offraient à nous au cas où ça coincerait (échappatoires pour sortir de la montagne sans trop de difficultés).

Allez on y va, j’ai très envie d’y croire. On démarre dès que le jour pointe. La lumière est magnifique et nous sommes seuls au monde dans le magnifique cirque de Colomers. Notre objectif est d’atteindre au moins Espot, mais on aimerait pousser un peu plus loin si ma cheville le permet car les 2 étapes suivantes seraient un peu longues et difficiles si on s’en tenait au planning prévu. On se dit qu’on verra au fur et à mesure de la journée selon ce que voudront bien nous accorder nos corps.

On attaque donc l’ascenseur du col de Ratera qui débute tranquillement en sinuant entre de très beaux petits lacs qui s’illuminent doucement dans le jour naissant. C’est absolument idyllique. On croise un izard qui prend le temps de nous observer, un troupeau de vache pas encore bien réveillé. Puis la pente se raidit peu à peu mais le sentier est bien tracé et en bon état, ce qui facilite grandement la progression et ce sera le cas toute la journée heureusement. On gravit la pente sans trop de difficulté pour se retrouver à un premier petit col, puis au col définitif.

Une fois arrivés en haut, nous basculons sur un nouvelle vallée. La descente est bien tracée et la progression est facile. Je reste très concentré sur mes pas et mes appuis pour préserver ma cheville droite. Si je la laisse au maximum à plas elle ne me gêne pas. Par contre si je la mets en torsion , je sens qu’il ne faut pas trop insister… Bon, on m’a heureusement donné 2 chevilles, je vais mettre ça à profit. C’est d’autant plus difficile que ma cheville droite est mon appui naturel devant une difficulté de terrain (marche à franchir, saut d’un rocher à un autre, appui en équilibre instable) . Je me force donc à changer mes appels, mais ce n’est pas si facile.

La descente se passe bien, la cheville a l’air d’accepter son sort. On traverse de très belles zones humides avec des passages aménagés avec des passerelles de toute beauté. On resterait bien s’y baigner.

On descend ensuite par une piste puis à nouveau un sentier dans une zone très touristique avec un lac puis une grande cascade. Vient ensuite un beau sentier en sous bois bien au frais au bord d’un ruisseau où nous prenons notre repas. On emprunte ensuite un joli sentier muletier qui va nous mener au très joli village de moyenne montagne d’Espot où nous effectuons notre premier ravitaillement. On en profite pour s’arrêter au bar prendre une boisson fraiche. Ce devait être la fin de notre étape mais nous décidons de pousser 10 kilomètres de plus pour nous retrouver à la Guinguette dAneu, ce qui nous placera au pied d’une grande ascension qu’on pourra attaquer tôt le matin à la fraiche. Après un bon raidillon en pleine chaleur, on suit un sentier agréable qui nous fait passer par de magnifiques villages (Estais puis Jou). Enfin, on redescend par un joli sentier muletier sur la Guingeta où nous prenons nos aises dans un magnifique camping.

Bain dans la piscine et première lessive

J5 (19/07)

Aujourd’hui petite étape du fait encore de l’interdiction de bivouaquer dans le parc national des Encantats. On a donc 4 heures de marche environ pour rejoindre le refuge de Colomers. On démarre par une belle ascension à l’ombre dans un chemin encore pas mal pierreux mais pas si mauvais que ça. Au bout d’une heure on accède à un premier col qui offre de très belles vues sur les sommets alentours. Un petit replat et on remonte sur un deuxième petit col, après quoi on redescend sur un joli lac où nous faisons une petite pause. Une nouvelle petite ascension nous mène au col de Caldes puis nous descendons un vallon qui va nous mener au refuge. Juste avant on décide de manger au bord d’un ruisseau et pas de chance je me tords la cheville dans un trou que l’on ne voyait pas à cause de hautes herbes. Je passe mon repas le pied dans l’eau froide du ruisseau en espérant que ca va aller, d’autant plus qu’on a 3 grosses étapes devant nous….

Je me repose au refuge pendant que Laurent part voir un lac à côté du refuge.

J4 (18/07)

Après un copieux petit déjeuner au refuge, nous partons bien reposés de la grosse journée d’hier. On attaque donc le parc des Encantats que nous allons traverser en 3 jours. On démarre en sous-bois et il fait encore bon. Une petite photo d’un panneau qui devrait plaire aux garçons

Vient ensuite l’ascension qui va nous mener au plateau où se trouvent de très beaux lacs et où nous comptons passer un peu de temps pour manger et nous baigner. La montée est assez régulière et nous mettons 2 bonnes heures pour en venir à bout. Nous trouvons un très beau coin au bord du lac Rius de Tort avec même un peu d’ombre sous un gros rocher. L’eau est plutôt bonne et on arrive à nager.

Après une petite sieste, nous repartons en suivant toujours le GR11 qui redescend vers la vallée. Les (petits) pieds de Marguerite et les (grands) pieds de Rémy sont plein de petits pansements d’ampoule. Rémy n’arrive plus à mettre ses chaussures de randonnée à cause de la douleur et opte pour ses sandales ouvertes.

On descend sur un beau sentier le long duquel coulent de nombreux ruisseaux et de jolies petites cascades. On va laisser Marguerite et Rémy finir leur randonnée ici (Pascale va les récupérer un peu plus bas). Laurent et moi allons continuer tous les deux les 6 prochains jours. On se refait une petite montée droit dans la pente que semble bien affectionner le GR11, puis on arrive sur le refuge de la Restanca au bord d’un lac dans lequel tombent des cascades. Nous allons passer une deuxième nuit en refuge car le bivouac est interdit partout dans les Encantats.

J3 (17/07)

Grosse journée aujourd’hui vu le profil et la distance. On décide de se lever tôt pour un départ à 7h00.

On commence une ascension qui va s’avérer très longue en temps malgré les 5 km à effectuer. Laurent a élaboré la rando sur carte et dénivelé mais le rendu sur le terrain va s’avérer d’une toute autre teneur… Alors c’est parti pour l’ascension du col de Ballenque en empruntant une variante du GR11-5. On part de 2000 mètres pour aller à 2800 mètres. Dès le départ il n’y a pas vraiment de chemin, juste des marques du GR de temps en temps. Bon, on se dit que c’est juste le début de la section, mais c’est finalement toute la journée qui va être comme ça. Ca débute avec une ascension pas trop violente mais principalement faite de blocs rocheux. Le soleil se lève doucement et nous allons rester à l’ombre une bonne partie de la matinée sous le massif de l’ Aneto. A mi-chemin on arrive sur un premier col qui va nous faire basculer dans une vallée glaciaire. Débute alors une longue ascension dans d’énormes blocs rocheux qu’il faut escalader. Le col se dessine tout en haut et il nous faudra 3 heures et demi pour venir à bout des 5 kilomètres. La fin devient assez impressionnante, raide et l’on doit grimper avec les mains pour se hisser jusqu’à ce col étroit.

On démarre ensuite la descente, qui s’avère être de la même trempe que la montée. Ça descend tout droit dans un goulet raide constitué de blocs rocheux instables et de poussière très glissante. C’est sport mais on finit pas descendre en n’allant pas plus vite du tout qu’à la montée. On progresse à 1,5 km/h et Clément a rendez-vous avec Inès vers 15h30 à la fin de cette étape pour repartir à Toulouse. On se sépare donc en 2 groupes vers 11h00: Clément et moi allons marcher plus rapidement pour ne pas être trop en retard au point de rencontre. Mais le terrain reste le même jusqu’à 2km de la fin. C’est lunaire, que des cailloux, avec de beaux lacs tout le long de la descente. Pas d’ombre cependant, et il fait bien chaud. On descend le plus vite qu’on peut mais c’est très accidenté et quasiment toujours tout droit dans la pente, pas de lacets… Et on a 1400 mètres de dénivelé négatif à faire sur cette pente raide sans véritable chemin.

Finalement on arrive à 16h00 sur la route pour rencontrer Inès. Je laisse Clément repartir et je termine les 3km qui restent sur un chemin enfin agréable en sous-bois et ombragé. Une bonne douche méritée et lavage du linge à la main. J’attends Marguerite, Rémy et Laurent au refuge de Conanges et on mange tous ensembles.

J2 (16/07)

On monte de l’Hospice de France vers la frontière espagnole en empruntant la vallée de la Freche. La montée est d’abord assez douce puis on commence à monter dans un sentier pas trop tracé avec des pierriers et de pentes assez raides. Le soleil nous rejoint rapidement et nous continuons jusqu’au col de l’Escalette qui délimite la frontière entre la France que nous quittons pour l’Espagne. Nous ne rejoindrons la France qu’après l’Andorre, à la fin de la randonnée.

Au col la vue est magnifique et en continuant un peu s’offre à nous tout le massif de la Maladetta et le pic de lAneto avec leurs glaciers. Après notre repas nous terminons une bonne descente qui npis fait arriver en fond de vallée.

Nous remontons ensuite et en chemin on trouve de nombreuses cascades. Nous bous arrêtons sous l’une d’elle pour une sieste et une baignade. En repartant vers notre point de bivouac on traverse le Plan d’Aiguallut, une très belle cascade qui part ensuite sous la montagne pour alimenter un fleuve. Arrivés au bivouac assez tôt au bord d’un joli torrent. Du coup nouvelle baignade.

Ps : j’ai réussi à récupérer mon appareil photo en bon état de marche.

J1 (15/07)

Départ à 7h30 de Benque. On descend doucement puis une petite montée vers le joli village de Saccourvielle. Le sentier fait de petits hauts et bas puis plonge vers Luchon assez abruptement pour déboucher derrière le cimetière. Nous traversons la ville et en profitons pour une petite pause à la boulangerie. Comme on a décidé de ne pas prendre nos provisions aujourd’hui (Sophie, Pascale et Inès vont nous rejoindre en voiture à l’Hospice de France soir pour manger avec nous au bivouac et nous les amèneront), on va s’acheter du pain pour le repas du midi.

On attaque ensuite l’ascension vers l’Hospice de France qui commence assez raide puis s’adoucit et redescend un peu pour arriver sur un pont suspendu qui enjambe la Pique que nous longeons ensuite. Peu avant midi nous trouvons de belles vasques pour notre déjeuner.

Après la pause on attaque la montée en lacets qui va nous amener au dessus de l’Hospice de France où nous redescendons vers 15h30 pour une petite baignade dans les eaux fraîches de la Pique.

Sophie, Pascale et Inès nous rejoignent pour passer la soirée avec nous.

Pour Les photos, mon appareil a décidé de rentrer dans sa période bleue Picasso… Je suis donc contraint d’utiliser le mode selfie à l’envers pour prendre des photos. Pas pratique, je vois pas ce que je photographie…

Avant le départ

Allez, on y retourne un peu, juste pour le plaisir. Promis, ce sera pas trop long cette fois-ci.

Avec mon beau-frère Laurent, l’idée nous a pris de relier leur maison (Benque, dans les Pyrénées centrales) à la nôtre (Prades dans les Pyrénées orientales).

On passera tantôt du côté espagnol, tantôt du côté français, en faisant une petite incursion en Andorre.

Les enfants, la famille vont se joindre à nous sur certaines étapes, nous ferons le reste à deux.

Les orteils sont pleins de fourmis, le dos n’attend plus que sa maison portable. L’envie du départ se fait à nouveau sentir.

Quelques photos des balades de mon nouveau jardin au pied du Canigou avant de reprendre la route.

Et maintenant, qu’en dire ?

La question qui m’a été posée le plus souvent avant et pendant ce voyage est : pourquoi ? Pourquoi marcher si longtemps ? Pourquoi s’infliger une telle épreuve ? Il n y a pas de réponse évidente et toute faite bien entendu, tout comme il y a autant de raisons que de marcheurs. Pour ma part, je pourrais dire ceci :

J’ai vu des étendues de désert, de montagnes pelées, des étendues de cactus et de majestueux Joshua Tree qui me donnaient un peu d’ombre et de fraîcheur. J’ai vu les paysages défiler au rythme du pas d’un homme.

J’ai foulé le sable et la poussière du sud, porté des litres d’eau dans des montagnes arides et connu le plaisir de trouver une source fraîche à laquelle m’abreuver. J’ai vu le soleil se coucher et se lever tous les soirs d’un endroit différent et d’une couleur toujours changeante. J’ai vu la lune éclairer mes pas la nuit et m’indiquer le bon chemin. J’ai vu les étoiles briller certaines nuits de belle étoile qui ne semblaient être là que pour moi.

J’ai vu un long chemin devant moi tel un fil ténu sur lequel un funambule danserait infiniment. Je l’ai vu s’étirer, se contracter, s’enrouler sur lui-même, onduler de haut en bas dans un perpétuel mouvement qui nous entraînait lui et moi vers le nord lointain.

J’ai senti le vent puissant souffler dans les montagnes du sud et rugir dans les vallées profondes. J’ai senti le froid de la pluie me transpercer et le soleil me réchauffer avec douceur. J’ai perdu de vue le chemin par instants sous la brume épaisse ou sous la neige immaculée. Mais je le savais toujours là sous mes pieds.

J’ai gravi mes premières hautes montagnes du désert sous la neige, la grêle et la pluie. J’ai vu la beauté de leurs sommets. J’ai traversé le désert de Mojave et ses grandes plaines arides balayées par les vents.

J’ai gravi les contreforts de la Sierra Nevada pour me hisser à hauteur des grands cols enneigés. Je me suis accroché à mon piolet, j’ai cramponné la neige pour qu’elle me laisse passer. Elle m’a donné le frisson du soleil qui se lève sur les montagnes, la joie enfantine d’avoir dompté le sommet et d’avoir vaincu certaines de mes peurs. J’ai vu des séquoias majestueux baliser ma route, des sapins dont l’odeur résineuse m’enivrait. J’ai caressé leur écorce en passant.

J’ai vu des ours courir devant moi, des chevreuils sauter dans la pente, des marmottes se prélasser au soleil, des écureuils jouer dans les arbres. J’ai entendu le sifflement du serpent à sonnette et celui des pika et autres chipmunks. J’ai vu les aigles et les balbuzards voler majestueusement et pêcher dans les lacs. J’ai entendu hurler les coyotes la nuit, les cougars se battre, les piverts jouer leurs rythmes endiablés sur les branches. J’ai vu la beauté du plumage du geai bleu, le dandinement des perdrix et les fabuleuses couleurs des serpents du désert.

J’ai gravi des centaines de montagnes, traversé des mers de neige et des océans de forêts, longé des lacs, traversé des rivières et torrents rageurs. J’ai senti la piqûre froide de leurs eaux glacées et goûté la douceur du soleil me réchauffer.

J’ai goûté les baies des montagnes, les mûres, les framboises, les myrtilles et autres huckleberries dont le goût tantôt sucré tantôt acidulé me reste encore en mémoire.

J’ai suivi la course des chevaux sauvages dans les hautes plaines avec envie et j’ai senti le souffle de la liberté me caresser la peau.

J’ai vécu dans ma chair la souffrance du froid dans les montagnes du Washington pendant des jours, j’ai puisé dans mes réserves pour arriver au bout du chemin.

J’ai vécu le bonheur de la solitude mais j’ai aussi partagé tout cela avec mes compagnons de voyage. Nous avons surmonté ensembles le froid, la pluie, la neige. Et nous en sommes sortis tellement plus grands, à la hauteur de ce que nous avons souffert. Il y a eu des moments de doute, de découragement, d’épuisement parfois. Mais vaincre tout cela rend nécessairement ce chemin encore plus beau.

Je crois que c’est cela que je suis venu chercher ici, l’émerveillement à l’épreuve de la souffrance. La croyance d’un enfant qu’il est possible de faire des choses aussi grandes que traverser un continent à la force de ses pieds, et d’en ressentir un plaisir que tous les sens exacerbent.

J 145 à 148 (18 au 21 septembre) : mile 2572,4 à 2653 + 9 miles pour Manning Park


J 145 (18 septembre) : mile 2572,4 à 2595,4

Pliage de tente sous la pluie, on commence à être habitués. On prend le minibus pour nous ramener au chemin. Départ tardif vers 9h00. Il va falloir avancer car aujourd’hui il y a 23 miles au programme, uniquement en montée. Je pars sous la pluie et monte dans les bois toute la journée. À 13h00, j’ai droit à 40 minutes d’éclaircie et je fais sécher ma tente en mangeant. L’après midi se déroule aussi en montée avec quelques averses. J’arrive au campement vers 18h30 et il se met forcément à pleuvoir au moment où je monte ma tente… Il fait très froid, 1°C à 20h00.


J 146 (19 septembre) : mile 2595,4 à 2622,5

La nuit à été courte. Avec mon matelas et ses hernies je dors en grande partie à même le sol, j’ai donc eu froid et mal aux articulations. Réveil sous la pluie comme à l’accoutumée avec une température à 3°C et mon dessus de tente a gelé. Par contre, le soleil apparaît vers 8h00 quand nous atteignons le sommet de la montée entamée hier. On est sur des crêtes avec de grandes montagnes autours de nous et des sommets enneigés (il a neigé avant-hier au dessus de 7700 pieds). Une mer de nuages s’étend juste en dessous et nous allons y plonger rapidement en descendant. Passage du mile 2600. En bas de la longue descente nous attend une nouvelle grande montée puis un replat et une nouvelle descente jusqu’au campement. Il a fait très froid toute la journée, entre 3 et 5°C. La fermeture éclair de ma veste de pluie rend l’âme. Je tente une réparation au scotch tape en espérant que ça marche vu le volume d’eau qu’on se prend chaque jour… Il faut que ça tienne encore 2 jours. Montage de tente avant la pluie pour une fois, et repas sous la tente car il pleut.


J 147 (20 septembre) : mile 2622,5 à 2646,7

Départ sous une petite pluie fine qui ne va pas durer. Par contre un épais brouillard nous entoure. Il va y avoir pas mal de montées et descentes dans la journée avec 4 petits cols mais rien de bien raide. À 13h00 le soleil apparaît en grand et nous trouvons un super coin de pique nique près du sommet avec une très belle vue et on fait sécher toutes nos affaires. L’après-midi se passe sans pluie agréablement. Arrivée au lac Hopkins où nous bivouaquons avec pas mal d’autres randonneurs qui passeront la frontière avec nous demain.


J 148 (21 septembre) : mile 2646,7 à 2653 + 9 miles pour Manning Park

Départ vers 6h30 pour cette dernière journée. Il n’a pas plu cette nuit ni ce matin, ma tente est sèche pour la première fois depuis un moment. Il y a même un superbe lever de soleil tout rouge et le ciel est dégagé. Le Washington semble enfin prêt à nous laisser passer. On descend à grandes enjambées les 6 miles de descente qui nous mènent à la frontière du Canada et au monument d’arrivée du PCT que nous atteignons à 8h30. Grand moment d’émotion et de soulagement. Ces derniers jours ont été tellement durs physiquement et moralement que j’ai du mal à réaliser que c’est terminé, que ce soir je n’aurai pas à monter ma tente et repartir le lendemain pour une nouvelle journée de marche avec ce lourd sac à dos. On s’ouvre chacun une bière transportée depuis Stehekin puis séance photo. Il reste 9 miles pour rejoindre Manning Park, une station de ski canadienne où nous déjeunons, puis on fait du stop pour Vancouver 200 km à l’ouest d’où je prendrai mon avion de retour.