J8 (22/07)

Encore une bonne ascension aujourd’hui : comme hier on a une montagne à franchir avec 1300 mètres de dénivelé en montée puis une redescente de 1000 mètres. Si on est en forme, on poussera 5 kilomètres de plus pour débuter l’ascension vers l’Andorre qui nous attend demain matin. On voit déjà depuis hier la chaine montagneuse qui entoure l’Andorre et qui forme comme une enceinte. Le col que nous allons prendre est assez haut (presque 2900 mètres d’altitude) nous promettant une belle journée demain

On démarre donc vers 7h00 en empruntant encore de petits chemins de pays qui nous font monter à travers de jolis petits villages (Esterri de Cardos puis Ginestarre), après quoi on rentre dans le vif de la montée. C’est parfois raide et on finit par être exposés au soleil. Aux deux tiers de la montée on rejoint à nouveau le GR11 qui nous mène au col de Tudella. Un dernier regard aux Encantats et nous franchissons le col avec vue sur la montée vers l’Andorre. La descente se fait plutôt bien mais la chaleur monte sacrément en arrivant à Areu à 13h00, la fin d’étape théorique du jour. On se pose au petit troquet du village et on décide de poursuive vers 16h00, une fois la grosse chaleur retombée. On se pose sous des arbres pour manger et faire la sieste. Le ciel s’assombrit et la température chute un peu, nous permettant de repartir vers 16h00. On longe une piste pendant 40 minutes environ puis on reprend un sentier qui s’élève de 400 mètres pour atteindre le replat qu’on a repéré sur la carte vers 18h30. On fait le plein d’eau dans un ruisseau et on galère un peu pour trouver un spot plat dans la forêt (on redescend un peu la pente pour trouver une jolie petite restanque pour nos 2 tentes). Ce soir, nuit en forêt. On attache notre sac de provision à un arbre pour ne pas attirer les ours, les sangliers et les rongeurs. Demain on passe la frontière pour rejoindre l’Andorre.

J7 (21/07)

On part du camping vers 7h30. Une bonne montée assez raide nous attend pour remonter de 1300 mètres. Le chemin est très bon et nous avons la chance d’être à l’ombre jusqu’au col, tout d’abord à l’abri de la montagne, puis dans de belles forêts denses. Nous passons par le joli village à moitié abandonné de Dorve. Certains passages sont assez raides mais nous en venons à bout en 3 heures environ.

Passé le col, les paysages changent radicalement, devenant beaucoup plus arides avec de la garrigue et des chênes verts. Il fait bien plus chaud aussi. La descente est assez raide et plus fatigante pour moi car je suis plus contracté sur ma cheville. Laurent est en stress, il n’a plus de cartes papier à partir d’ici. Il faudra compter sur mon téléphone.

On arrive au village d’Estaon où nous faisons une petite halte au refuge pour une boisson fraiche et prendre notre repas

On sort désormais du GR11 pour prendre de petits sentiers alternatifs de pays. Et celui-ci n’est malheureusement pas entretenu depuis un moment. On aurait besoin d’un coupe-coupe…

On termine la journée en zigzagan à flanc de coteaux pour arriver à Ainet de Cardos où nous attend encore un camping sympathique.

J6 (20/07)

Grosse étape aujourd’hui. On se lève à 5h45 après une courte nuit : de gros ronfleurs dans le dortoir… On est les premiers levés du refuge, il fait encore nuit. Le gardien a accepté de nous laisser de quoi petit déjeuner sur une table. Je remets bien en place mon strapping de cheville et on va bien voir ce que ça donne aujourd’hui. J’avoue ne pas avoir passé une bonne nuit aussi pour ça : ça me ferait mal d’abandonner la rando à cause de cette stupide entorse. On a quand même réfléchi aux différentes possibilités qui s’offraient à nous au cas où ça coincerait (échappatoires pour sortir de la montagne sans trop de difficultés).

Allez on y va, j’ai très envie d’y croire. On démarre dès que le jour pointe. La lumière est magnifique et nous sommes seuls au monde dans le magnifique cirque de Colomers. Notre objectif est d’atteindre au moins Espot, mais on aimerait pousser un peu plus loin si ma cheville le permet car les 2 étapes suivantes seraient un peu longues et difficiles si on s’en tenait au planning prévu. On se dit qu’on verra au fur et à mesure de la journée selon ce que voudront bien nous accorder nos corps.

On attaque donc l’ascenseur du col de Ratera qui débute tranquillement en sinuant entre de très beaux petits lacs qui s’illuminent doucement dans le jour naissant. C’est absolument idyllique. On croise un izard qui prend le temps de nous observer, un troupeau de vache pas encore bien réveillé. Puis la pente se raidit peu à peu mais le sentier est bien tracé et en bon état, ce qui facilite grandement la progression et ce sera le cas toute la journée heureusement. On gravit la pente sans trop de difficulté pour se retrouver à un premier petit col, puis au col définitif.

Une fois arrivés en haut, nous basculons sur un nouvelle vallée. La descente est bien tracée et la progression est facile. Je reste très concentré sur mes pas et mes appuis pour préserver ma cheville droite. Si je la laisse au maximum à plas elle ne me gêne pas. Par contre si je la mets en torsion , je sens qu’il ne faut pas trop insister… Bon, on m’a heureusement donné 2 chevilles, je vais mettre ça à profit. C’est d’autant plus difficile que ma cheville droite est mon appui naturel devant une difficulté de terrain (marche à franchir, saut d’un rocher à un autre, appui en équilibre instable) . Je me force donc à changer mes appels, mais ce n’est pas si facile.

La descente se passe bien, la cheville a l’air d’accepter son sort. On traverse de très belles zones humides avec des passages aménagés avec des passerelles de toute beauté. On resterait bien s’y baigner.

On descend ensuite par une piste puis à nouveau un sentier dans une zone très touristique avec un lac puis une grande cascade. Vient ensuite un beau sentier en sous bois bien au frais au bord d’un ruisseau où nous prenons notre repas. On emprunte ensuite un joli sentier muletier qui va nous mener au très joli village de moyenne montagne d’Espot où nous effectuons notre premier ravitaillement. On en profite pour s’arrêter au bar prendre une boisson fraiche. Ce devait être la fin de notre étape mais nous décidons de pousser 10 kilomètres de plus pour nous retrouver à la Guinguette dAneu, ce qui nous placera au pied d’une grande ascension qu’on pourra attaquer tôt le matin à la fraiche. Après un bon raidillon en pleine chaleur, on suit un sentier agréable qui nous fait passer par de magnifiques villages (Estais puis Jou). Enfin, on redescend par un joli sentier muletier sur la Guingeta où nous prenons nos aises dans un magnifique camping.

Bain dans la piscine et première lessive

J5 (19/07)

Aujourd’hui petite étape du fait encore de l’interdiction de bivouaquer dans le parc national des Encantats. On a donc 4 heures de marche environ pour rejoindre le refuge de Colomers. On démarre par une belle ascension à l’ombre dans un chemin encore pas mal pierreux mais pas si mauvais que ça. Au bout d’une heure on accède à un premier col qui offre de très belles vues sur les sommets alentours. Un petit replat et on remonte sur un deuxième petit col, après quoi on redescend sur un joli lac où nous faisons une petite pause. Une nouvelle petite ascension nous mène au col de Caldes puis nous descendons un vallon qui va nous mener au refuge. Juste avant on décide de manger au bord d’un ruisseau et pas de chance je me tords la cheville dans un trou que l’on ne voyait pas à cause de hautes herbes. Je passe mon repas le pied dans l’eau froide du ruisseau en espérant que ca va aller, d’autant plus qu’on a 3 grosses étapes devant nous….

Je me repose au refuge pendant que Laurent part voir un lac à côté du refuge.

J4 (18/07)

Après un copieux petit déjeuner au refuge, nous partons bien reposés de la grosse journée d’hier. On attaque donc le parc des Encantats que nous allons traverser en 3 jours. On démarre en sous-bois et il fait encore bon. Une petite photo d’un panneau qui devrait plaire aux garçons

Vient ensuite l’ascension qui va nous mener au plateau où se trouvent de très beaux lacs et où nous comptons passer un peu de temps pour manger et nous baigner. La montée est assez régulière et nous mettons 2 bonnes heures pour en venir à bout. Nous trouvons un très beau coin au bord du lac Rius de Tort avec même un peu d’ombre sous un gros rocher. L’eau est plutôt bonne et on arrive à nager.

Après une petite sieste, nous repartons en suivant toujours le GR11 qui redescend vers la vallée. Les (petits) pieds de Marguerite et les (grands) pieds de Rémy sont plein de petits pansements d’ampoule. Rémy n’arrive plus à mettre ses chaussures de randonnée à cause de la douleur et opte pour ses sandales ouvertes.

On descend sur un beau sentier le long duquel coulent de nombreux ruisseaux et de jolies petites cascades. On va laisser Marguerite et Rémy finir leur randonnée ici (Pascale va les récupérer un peu plus bas). Laurent et moi allons continuer tous les deux les 6 prochains jours. On se refait une petite montée droit dans la pente que semble bien affectionner le GR11, puis on arrive sur le refuge de la Restanca au bord d’un lac dans lequel tombent des cascades. Nous allons passer une deuxième nuit en refuge car le bivouac est interdit partout dans les Encantats.

J3 (17/07)

Grosse journée aujourd’hui vu le profil et la distance. On décide de se lever tôt pour un départ à 7h00.

On commence une ascension qui va s’avérer très longue en temps malgré les 5 km à effectuer. Laurent a élaboré la rando sur carte et dénivelé mais le rendu sur le terrain va s’avérer d’une toute autre teneur… Alors c’est parti pour l’ascension du col de Ballenque en empruntant une variante du GR11-5. On part de 2000 mètres pour aller à 2800 mètres. Dès le départ il n’y a pas vraiment de chemin, juste des marques du GR de temps en temps. Bon, on se dit que c’est juste le début de la section, mais c’est finalement toute la journée qui va être comme ça. Ca débute avec une ascension pas trop violente mais principalement faite de blocs rocheux. Le soleil se lève doucement et nous allons rester à l’ombre une bonne partie de la matinée sous le massif de l’ Aneto. A mi-chemin on arrive sur un premier col qui va nous faire basculer dans une vallée glaciaire. Débute alors une longue ascension dans d’énormes blocs rocheux qu’il faut escalader. Le col se dessine tout en haut et il nous faudra 3 heures et demi pour venir à bout des 5 kilomètres. La fin devient assez impressionnante, raide et l’on doit grimper avec les mains pour se hisser jusqu’à ce col étroit.

On démarre ensuite la descente, qui s’avère être de la même trempe que la montée. Ça descend tout droit dans un goulet raide constitué de blocs rocheux instables et de poussière très glissante. C’est sport mais on finit pas descendre en n’allant pas plus vite du tout qu’à la montée. On progresse à 1,5 km/h et Clément a rendez-vous avec Inès vers 15h30 à la fin de cette étape pour repartir à Toulouse. On se sépare donc en 2 groupes vers 11h00: Clément et moi allons marcher plus rapidement pour ne pas être trop en retard au point de rencontre. Mais le terrain reste le même jusqu’à 2km de la fin. C’est lunaire, que des cailloux, avec de beaux lacs tout le long de la descente. Pas d’ombre cependant, et il fait bien chaud. On descend le plus vite qu’on peut mais c’est très accidenté et quasiment toujours tout droit dans la pente, pas de lacets… Et on a 1400 mètres de dénivelé négatif à faire sur cette pente raide sans véritable chemin.

Finalement on arrive à 16h00 sur la route pour rencontrer Inès. Je laisse Clément repartir et je termine les 3km qui restent sur un chemin enfin agréable en sous-bois et ombragé. Une bonne douche méritée et lavage du linge à la main. J’attends Marguerite, Rémy et Laurent au refuge de Conanges et on mange tous ensembles.

J2 (16/07)

On monte de l’Hospice de France vers la frontière espagnole en empruntant la vallée de la Freche. La montée est d’abord assez douce puis on commence à monter dans un sentier pas trop tracé avec des pierriers et de pentes assez raides. Le soleil nous rejoint rapidement et nous continuons jusqu’au col de l’Escalette qui délimite la frontière entre la France que nous quittons pour l’Espagne. Nous ne rejoindrons la France qu’après l’Andorre, à la fin de la randonnée.

Au col la vue est magnifique et en continuant un peu s’offre à nous tout le massif de la Maladetta et le pic de lAneto avec leurs glaciers. Après notre repas nous terminons une bonne descente qui npis fait arriver en fond de vallée.

Nous remontons ensuite et en chemin on trouve de nombreuses cascades. Nous bous arrêtons sous l’une d’elle pour une sieste et une baignade. En repartant vers notre point de bivouac on traverse le Plan d’Aiguallut, une très belle cascade qui part ensuite sous la montagne pour alimenter un fleuve. Arrivés au bivouac assez tôt au bord d’un joli torrent. Du coup nouvelle baignade.

Ps : j’ai réussi à récupérer mon appareil photo en bon état de marche.

J1 (15/07)

Départ à 7h30 de Benque. On descend doucement puis une petite montée vers le joli village de Saccourvielle. Le sentier fait de petits hauts et bas puis plonge vers Luchon assez abruptement pour déboucher derrière le cimetière. Nous traversons la ville et en profitons pour une petite pause à la boulangerie. Comme on a décidé de ne pas prendre nos provisions aujourd’hui (Sophie, Pascale et Inès vont nous rejoindre en voiture à l’Hospice de France soir pour manger avec nous au bivouac et nous les amèneront), on va s’acheter du pain pour le repas du midi.

On attaque ensuite l’ascension vers l’Hospice de France qui commence assez raide puis s’adoucit et redescend un peu pour arriver sur un pont suspendu qui enjambe la Pique que nous longeons ensuite. Peu avant midi nous trouvons de belles vasques pour notre déjeuner.

Après la pause on attaque la montée en lacets qui va nous amener au dessus de l’Hospice de France où nous redescendons vers 15h30 pour une petite baignade dans les eaux fraîches de la Pique.

Sophie, Pascale et Inès nous rejoignent pour passer la soirée avec nous.

Pour Les photos, mon appareil a décidé de rentrer dans sa période bleue Picasso… Je suis donc contraint d’utiliser le mode selfie à l’envers pour prendre des photos. Pas pratique, je vois pas ce que je photographie…

J-1 (14/07)

Préparation du matériel. Clément va nous accompagner les 3 premiers jours et Marguerite et Remy les 4 premiers jours.

Nous sommes prêts à affronter les montagnes vers l’est sauvage.

Cette nuit on dort tous à la belle étoile sur la terrasse avec bon barbecue

Avant le départ

Allez, on y retourne un peu, juste pour le plaisir. Promis, ce sera pas trop long cette fois-ci.

Avec mon beau-frère Laurent, l’idée nous a pris de relier leur maison (Benque, dans les Pyrénées centrales) à la nôtre (Prades dans les Pyrénées orientales).

On passera tantôt du côté espagnol, tantôt du côté français, en faisant une petite incursion en Andorre.

Les enfants, la famille vont se joindre à nous sur certaines étapes, nous ferons le reste à deux.

Les orteils sont pleins de fourmis, le dos n’attend plus que sa maison portable. L’envie du départ se fait à nouveau sentir.

Quelques photos des balades de mon nouveau jardin au pied du Canigou avant de reprendre la route.

Et maintenant, qu’en dire ?

La question qui m’a été posée le plus souvent avant et pendant ce voyage est : pourquoi ? Pourquoi marcher si longtemps ? Pourquoi s’infliger une telle épreuve ? Il n y a pas de réponse évidente et toute faite bien entendu, tout comme il y a autant de raisons que de marcheurs. Pour ma part, je pourrais dire ceci :

J’ai vu des étendues de désert, de montagnes pelées, des étendues de cactus et de majestueux Joshua Tree qui me donnaient un peu d’ombre et de fraîcheur. J’ai vu les paysages défiler au rythme du pas d’un homme.

J’ai foulé le sable et la poussière du sud, porté des litres d’eau dans des montagnes arides et connu le plaisir de trouver une source fraîche à laquelle m’abreuver. J’ai vu le soleil se coucher et se lever tous les soirs d’un endroit différent et d’une couleur toujours changeante. J’ai vu la lune éclairer mes pas la nuit et m’indiquer le bon chemin. J’ai vu les étoiles briller certaines nuits de belle étoile qui ne semblaient être là que pour moi.

J’ai vu un long chemin devant moi tel un fil ténu sur lequel un funambule danserait infiniment. Je l’ai vu s’étirer, se contracter, s’enrouler sur lui-même, onduler de haut en bas dans un perpétuel mouvement qui nous entraînait lui et moi vers le nord lointain.

J’ai senti le vent puissant souffler dans les montagnes du sud et rugir dans les vallées profondes. J’ai senti le froid de la pluie me transpercer et le soleil me réchauffer avec douceur. J’ai perdu de vue le chemin par instants sous la brume épaisse ou sous la neige immaculée. Mais je le savais toujours là sous mes pieds.

J’ai gravi mes premières hautes montagnes du désert sous la neige, la grêle et la pluie. J’ai vu la beauté de leurs sommets. J’ai traversé le désert de Mojave et ses grandes plaines arides balayées par les vents.

J’ai gravi les contreforts de la Sierra Nevada pour me hisser à hauteur des grands cols enneigés. Je me suis accroché à mon piolet, j’ai cramponné la neige pour qu’elle me laisse passer. Elle m’a donné le frisson du soleil qui se lève sur les montagnes, la joie enfantine d’avoir dompté le sommet et d’avoir vaincu certaines de mes peurs. J’ai vu des séquoias majestueux baliser ma route, des sapins dont l’odeur résineuse m’enivrait. J’ai caressé leur écorce en passant.

J’ai vu des ours courir devant moi, des chevreuils sauter dans la pente, des marmottes se prélasser au soleil, des écureuils jouer dans les arbres. J’ai entendu le sifflement du serpent à sonnette et celui des pika et autres chipmunks. J’ai vu les aigles et les balbuzards voler majestueusement et pêcher dans les lacs. J’ai entendu hurler les coyotes la nuit, les cougars se battre, les piverts jouer leurs rythmes endiablés sur les branches. J’ai vu la beauté du plumage du geai bleu, le dandinement des perdrix et les fabuleuses couleurs des serpents du désert.

J’ai gravi des centaines de montagnes, traversé des mers de neige et des océans de forêts, longé des lacs, traversé des rivières et torrents rageurs. J’ai senti la piqûre froide de leurs eaux glacées et goûté la douceur du soleil me réchauffer.

J’ai goûté les baies des montagnes, les mûres, les framboises, les myrtilles et autres huckleberries dont le goût tantôt sucré tantôt acidulé me reste encore en mémoire.

J’ai suivi la course des chevaux sauvages dans les hautes plaines avec envie et j’ai senti le souffle de la liberté me caresser la peau.

J’ai vécu dans ma chair la souffrance du froid dans les montagnes du Washington pendant des jours, j’ai puisé dans mes réserves pour arriver au bout du chemin.

J’ai vécu le bonheur de la solitude mais j’ai aussi partagé tout cela avec mes compagnons de voyage. Nous avons surmonté ensembles le froid, la pluie, la neige. Et nous en sommes sortis tellement plus grands, à la hauteur de ce que nous avons souffert. Il y a eu des moments de doute, de découragement, d’épuisement parfois. Mais vaincre tout cela rend nécessairement ce chemin encore plus beau.

Je crois que c’est cela que je suis venu chercher ici, l’émerveillement à l’épreuve de la souffrance. La croyance d’un enfant qu’il est possible de faire des choses aussi grandes que traverser un continent à la force de ses pieds, et d’en ressentir un plaisir que tous les sens exacerbent.

Dernières photos

Voici les dernières photos collectées auprès des mes camarades de marche

J 145 à 148 (18 au 21 septembre) : mile 2572,4 à 2653 + 9 miles pour Manning Park


J 145 (18 septembre) : mile 2572,4 à 2595,4

Pliage de tente sous la pluie, on commence à être habitués. On prend le minibus pour nous ramener au chemin. Départ tardif vers 9h00. Il va falloir avancer car aujourd’hui il y a 23 miles au programme, uniquement en montée. Je pars sous la pluie et monte dans les bois toute la journée. À 13h00, j’ai droit à 40 minutes d’éclaircie et je fais sécher ma tente en mangeant. L’après midi se déroule aussi en montée avec quelques averses. J’arrive au campement vers 18h30 et il se met forcément à pleuvoir au moment où je monte ma tente… Il fait très froid, 1°C à 20h00.


J 146 (19 septembre) : mile 2595,4 à 2622,5

La nuit à été courte. Avec mon matelas et ses hernies je dors en grande partie à même le sol, j’ai donc eu froid et mal aux articulations. Réveil sous la pluie comme à l’accoutumée avec une température à 3°C et mon dessus de tente a gelé. Par contre, le soleil apparaît vers 8h00 quand nous atteignons le sommet de la montée entamée hier. On est sur des crêtes avec de grandes montagnes autours de nous et des sommets enneigés (il a neigé avant-hier au dessus de 7700 pieds). Une mer de nuages s’étend juste en dessous et nous allons y plonger rapidement en descendant. Passage du mile 2600. En bas de la longue descente nous attend une nouvelle grande montée puis un replat et une nouvelle descente jusqu’au campement. Il a fait très froid toute la journée, entre 3 et 5°C. La fermeture éclair de ma veste de pluie rend l’âme. Je tente une réparation au scotch tape en espérant que ça marche vu le volume d’eau qu’on se prend chaque jour… Il faut que ça tienne encore 2 jours. Montage de tente avant la pluie pour une fois, et repas sous la tente car il pleut.


J 147 (20 septembre) : mile 2622,5 à 2646,7

Départ sous une petite pluie fine qui ne va pas durer. Par contre un épais brouillard nous entoure. Il va y avoir pas mal de montées et descentes dans la journée avec 4 petits cols mais rien de bien raide. À 13h00 le soleil apparaît en grand et nous trouvons un super coin de pique nique près du sommet avec une très belle vue et on fait sécher toutes nos affaires. L’après-midi se passe sans pluie agréablement. Arrivée au lac Hopkins où nous bivouaquons avec pas mal d’autres randonneurs qui passeront la frontière avec nous demain.


J 148 (21 septembre) : mile 2646,7 à 2653 + 9 miles pour Manning Park

Départ vers 6h30 pour cette dernière journée. Il n’a pas plu cette nuit ni ce matin, ma tente est sèche pour la première fois depuis un moment. Il y a même un superbe lever de soleil tout rouge et le ciel est dégagé. Le Washington semble enfin prêt à nous laisser passer. On descend à grandes enjambées les 6 miles de descente qui nous mènent à la frontière du Canada et au monument d’arrivée du PCT que nous atteignons à 8h30. Grand moment d’émotion et de soulagement. Ces derniers jours ont été tellement durs physiquement et moralement que j’ai du mal à réaliser que c’est terminé, que ce soir je n’aurai pas à monter ma tente et repartir le lendemain pour une nouvelle journée de marche avec ce lourd sac à dos. On s’ouvre chacun une bière transportée depuis Stehekin puis séance photo. Il reste 9 miles pour rejoindre Manning Park, une station de ski canadienne où nous déjeunons, puis on fait du stop pour Vancouver 200 km à l’ouest d’où je prendrai mon avion de retour.

J 140 à 144 (13 au 17 septembre) : mile 2464,7 à 2572,4


J 140 (13 septembre) : mile 2464,7 à 2487,2

On reste au chaud au lit avec petit déjeuner gargantuesque au chalet. Départ difficile à 9h30, mais il faut bien y aller. Brouillard épais et pluie nous accueillent dehors et cela va durer toute la journée. On enchaîne 3 ascensions dans la journée sans aucune vue car le brouillard ne se lèvera pas. La pause midi dure 25 minutes, nos claquements de dents sonnant l’heure de repartir. Arrivée à la zone de bivouac sous la pluie, je monte ma tente qui est forcément trempée dehors et dedans. Cuisine et repas à l’intérieur et une très mauvaise nuit qui m’attend…


J 141 (14 septembre) : mile 2487,2 à 2511,8

Réveil difficile après une nuit sans trop de sommeil. Je n’ai pas eu le courage d’accrocher mon sac de nourriture à un arbre hier et des rongeurs sont venus le grignoter cette nuit, me réveillant à plusieurs reprises. De plus, mon matelas gonflable fait des hernies depuis plusieurs jours qui se sont aggravées cette nuit. Bref, j’ai peu dormi et au réveil tout est encore plus trempé qu’hier avec l’humidité. Je me lève plus tard que d’habitude et pars le moral à zéro dans le brouillard et la pluie. Heureusement la pluie va s’arrêter en milieu de matinée (et revenir de manière sporadique dans la journée) et le brouillard se lever laissant place à un ciel toujours noir mais bien moins bas, ce qui permet de voir un peu ce qui nous entoure. Et encore une fois c’est magnifique. On passe de grands à pic vertigineux, il y a de belles montagnes enneigées et on monte de belles crêtes aériennes. De plus on passe le 4000ème kilomètre et dans la foulée le mile 2500. À midi, malgré l’absence de soleil, J’arrive à faire sécher suffisamment ma tente au vent pour que ça soit confortable ce soir. Le moral remonte. J’espère que les prochains jours seront moins humides.


J 142 (15 septembre) : mile 2511,8 à 2535,6

Il a plu fort toute la nuit et il pleut encore au réveil. J’entends Obi et Fred dire que leurs tentes sont inondées. Je regarde sous mon matelas et je constate amèrement qu’il y a une grosse flaque d’eau dans ma tente. Le matelas flotte dessus… Je plie péniblement mes affaires dans le peu de place sèche que j’ai, je mets ma tenue de pluie encore trempée d’hier et je sors plier ma tente sous la pluie, de toute façon elle est déjà trempée. Je pense avec angoisse à ce soir quand il faudra dormir dans ma tente trempée car vu le ciel, ça ne va pas s’arranger. Mais il faut se mettre en route malgré tout, et aujourd’hui est une journée très chargée avec 2 montagnes à franchir. La première ascension est terrible, déjà parce qu’il pleut, mais aussi parce que le chemin est à la limite du pratiquable : il y a d’énormes troncs morts en travers du chemin qu’il faut franchir par-dessus, par-dessous ou en les contournant dans la pente raide, il y a des coulées de boue et parfois même des éboulement (à un endroit le chemin à disparu sur une vingtaine de mètres, emporté 50 mètres plus bas). Tout est hyper glissant, les pierres et les racines. En plus il y a à nouveau plein de torrents à traverser à gué. On met un temps fou à arriver au sommet de la première montée et là encore, aucune vue à cause du brouillard. Il fait un froid glacial en haut avec du vent et toujours cette pluie. On redescend et il faut manger mais vu le froid c’est un calvaire. Je tremble de froid et mes mains sont gelées, je n’arrive pas à m’en servir pour manger. On repart 20 minutes plus tard et je remets vite mes gants et mes vêtements chauds pour attaquer la deuxième ascension. Heureusement elle est en bien meilleur état et on arrive au sommet vers 17h00. Il y a maintenant une grande descente à faire avant d’arriver au campement et la pluie s’atténue un peu. On y arrive vers 19h00, il fait quasiment nuit. Planter de tentes trempées, heureusement la pluie s’arrête enfin.

Pas de photos car pluie continue


J 143 (16 septembre) : mile 2539,6 à 2564,2

Il n’a pas plu de la nuit ni ce matin. Le départ se fait donc dans la bonne humeur et le froid. Aujourd’hui, une seule montagne à franchir avec tout d’abord 8 miles de plat, puis 8 miles de montée régulière. On mange un peu avant le sommet en essayant de faire sécher un peu les tentes et les vêtements malgré le ciel noir. Ça marche un peu. Vient ensuite un peu de plat puis on attaque la longue descente vers Stehekin, la dernière étape avant le Canada. On a droit à un petit moment de soleil, ce qui n’était pas arrivé depuis un moment. Il y a aussi une plein de marmottes. Arrivé au campement après une bonne journée de 28,5 miles, on fait encore un peu sécher les tentes avant de les planter. Des randonneurs locaux nous annoncent que des orages sont prévus demain. J’espère que nous serons déjà à Stehekin, il ne nous reste que 8 miles.

J 137 à 139 (10 au 12 septembre) : mile 2393,6 à 2464,7


J 137 (10 septembre) : mile 2393,6 à 2415

Difficile de partir de la chambre d’hôtel dans le froid et le brouillard. J’attaque à 8h00 la première montée sur 5 miles. Le brouillard épais et bas donne une ambiance très particulière à la forêt. Je passe le marqueur des 2400 miles puis J’attaque la descente assez courte qui me mène à la montée suivante. C’est à ce moment là que la pluie se met à tomber et cela va durer jusqu’à 15h00. Ensuite ça se dégage et je me rends compte que les vues sont vraiment très belles quand le brouillard ne les masque pas. C’est aussi très vertigineux avec de belles arêtes rocheuses. La fin de journée se fait en descente sur de gros pierriers, ça fait bien mal aux pieds.


J 138 (11 septembre) : mile 2415 à 2443,1

Grosse journée aujourd’hui avec 2 longues montées de 5 et 7 miles avec 2 descentes, puis 1 dernière montée de 2 miles. Au total, 28 miles (45km) avec 2891 mètres de dénivelé positif et 2511 mètres de dénivelé négatifs. Il ne pleut pas et la tente est sèche, ce qui fait grandement plaisir. Peu de brouillard, du coup on a de belles vues. Le lever de soleil sur les falaises est très beau. La longue ascension commence qui va mener au premier col avec des vues dégagées sur les autres sommets et sur le lac en contrebas que j’atteins en en fin de matinée. La deuxième ascension est plus longue et mène à un deuxième col que j’atteins sous le soleil. La dernière descente est un peu plus chaotique et m’amène à la dernière remontée de la journée. J’arrive un peu fatigué au camps mais au sec !


J 139 (12 septembre) : mile 2443,1 à 2464,7

Encore une grosse journée avec 4 cols aujourd’hui. Il fait encore beau toute la journée et je commence par l’ascension du col de Piper qui est assez tranquille avec une très belle vue au sommet. Je descends ensuite vers un lac puis vient le deuxième col qui est court mais sacrément raide pendant une quarantaine de minutes avec encore une magnifique vue au sommet. La descente amène sur un autre lac après lequel je fais ma pause repas. Les 2 autres montées sont bien raides aussi et m’amènent à la station de ski de Skykomish où je vais faire du stop pour aller faire le réapprovisionnement puis retour à Steven’s Pass pour la nuit dans un joli chalet refuge.

J 126 à 136 (30 août au 09 septembre) : mile 2147,6 à 2393,6


J 126 (30 août) : Zero day

Journée tranquille au camping de Cascade Locks et préparation des étapes du Washington.


J 127 (31 août) : mile 2147,6 à 2172,9

Passage de la frontière sur le fameux Bridge of the Gods qui enjambe la Columbia River. Le sol du pont est en treillis métallique et donc on voit le vide à travers, c’est assez sympa. La brume de fond de vallée m’accompagne la première heure. Vient ensuite une grosse journée composée principalement de 2 grosses montées entrecoupées d’une descente et pas mal de montagnes russes, pour un total de 2780 mètres de dénivelé positif et 1900 mètres de dénivelé négatif. Toute la journée je vais croiser des coureurs car il y a un trail de 50 km en montagne aujourd’hui. J’ai même droit à un petit arrêt au stand pour ravitaillement. Les montées sont assez raides, les descentes aussi, sans vrai plat pour se reposer et sans vraies vues sympas. On reste principalement dans une forêt dense. La journée est donc longue et fatigante. J’arrive au campement vers 18h00 et me couche rapidement après avoir mangé.


J 128 (01 septembre) : mile 2172,9 à 2198,4

Aujourd’hui sera un peu moins physique, avec tout de même une montée de 10 miles. Malheureusement toujours pas de points de vues, sauf un sur le Mont Adams que l’on aperçoit au nord dans les nuages. Le reste est composé de forêt dense et l’on redescend dès qu’on passe les 3500 pieds. Un petit Trail magic nous attend le soir au campement avec des fruits, des légumes et des burritos.


J 129 (02 septembre) : mile 2198,4 à 2224,3

Journée plutôt facile de 26 miles avec une petite montée de 5 miles le matin puis du plat et de la descente. Je passe le mile 2200 rapidement. Malheureusement, toujours pas de vue, on reste dans une forêt épaisse. Il y a des champignons absolument énormes de partout. À midi, je me pose dans un champs pour manger quand des randonneurs venant du nord me disent qu’il y a un trail magic un quart d’heure plus bas. Je replie tout et m’y rends. Et là c’est le Trail magic du siècle : 4 grandes tables remplies de victuailles (salades, brochettes de légumes, poulet rôti, salades de pâtes, boulettes, pain frais, hamburgers, saucisses grillées, sodas, bières etc…,). Le tout servi sous des tentes avec des chaises confortables. On est gâtés depuis 3 jours. Il faut dire que c’est le labour day avec un grand week-end férié. Je reste là 3 bonnes heures avec Joris et Fred avant de repartir finir ma journée le ventre plus que plein. On retrouve Obi au campement.


J 130 (03 septembre) : mile 2224,3 à 2242,2

Petite journée aujourd’hui car je m’arrête 5 miles après le départ pour faire du stop en direction de Trout Lake, petit village 15 miles plus bas dans la vallée pour le réapprovisionnement. On arrive Obi, Joris et moi à 8h30 et on est pris en moins de 5 minutes sur une petite route pourtant quasiment déserte. Arrivés en bas on se fait un super petit-déjeuner dans une auberge très sympa. Je me régale de yaourt aux myrtilles fraîches. On passe la matinée tranquilles ici et Fred ne nous rejoint pas. On apprend par d’autres hikers qu’il n’a pas réussi à avoir une voiture et qu’il à continué le sentier. On repart vers 13h00 avec un stop en moins de 10 minutes et on reprend la marche vers 13h30 avec une montée de 2h30 qui nous amène aux pieds du mont Adams et de son glacier magnifique. La vue est enfin dégagée et je plante ma tente ici.


J 131 (04 septembre) : mile 2242,2 à 2273,6

Il fait très froid au lever et je pars exceptionnellement avec mon pull et ma veste coupe-vent que je vais garder pendant 3 heures. Une mer de nuages s’étend devant nous. 7 miles de descente tranquille m’amènent dans un fond de vallée puis au croisement d’une route où se trouve (encore !) un trail magic tenu par un ancien randonneur qui a fait 4 fois le PCT dans les années 80. J’enchaine ensuite avec une remontée avec un point de vue sympa où je déjeune. Nouvelle descente puis J’attaque une nouvelle côte au sommet de laquelle j’avais prévu de camper. Mais arrivé en haut j’ai envie de continuer car il y a le col de Cispus qui m’attend et j’aimerais le passer à la lumière de fin d’après-midi et voir le coucher de soleil de là haut. Je me pose donc un quart d’heure pour refaire le plein d’énergie et J’attaque le col vers 17h30. On rentre en territoire indien. La montée est magnifique avec la lumière qui tombe sur les parois. J’arrive au sommet 1 heure plus tard émerveillé. Vient ensuite une petite descente et je reprends de l’eau dans la Cispus River qui dégringole le long du flanc de la montagne. Je pose ma tente vers 19h00 et profite du coucher de soleil sur les montagnes.


J 132 (05 septembre) : mile 2273,6 à 2295,4

J’attaque directement la montée qui mène à Goats Rocks. Tout devient très minéral, la végétation disparaît. Je rencontre plein de marmottes grises et blanches qui sont énormes et se laissent approcher à moins de 3 mètres. Je traverse 2 névés sur une centaine de mètres. Les paysages sont absolument magnifiques avec de grandes crêtes acérées et des glaciers. J’emprunte ensuite le chemin de crête qui serpente pendant un long moment comme suspendu dans le vide. Un des plus beaux moments du PCT avec la Sierra. Vient ensuite une descente raide puis une remontée au milieu de laquelle je fais ma pause repas au bord d’une source. Enfin, descente sur White Pass pour une douche, lessive et réapprovisionnement.


J 133 (06 septembre) : mile 2295,4 à 2320,9

La marche débute sous la pluie et un ciel noir qui va durer toute la matinée sur un chemin dans les bois en montée. Vers midi, le ciel se dégage et je mange en surplomb d’un lac. Ça monte encore une heure et le paysage est bien dégagé avec de belles vues sur le mont Rainier, un volcan qui est le plus haut sommet de l’état de Washington. Il culmine à plus de 14 000 pieds et possède le plus vaste glacier du coin. Le chemin va rester assez haut en passant d’un versant à un autre avec quelques bonnes remontées. Je campe au bord d’un grand lac magnifique.


J 134 (07 septembre) : mile 2320,9 à 2347,5

2 bonnes montées pour démarrer puis ça redescend sur de jolies crêtes avec de belles vues sur le mont Rainier. On redescend ensuite l’après-midi pour arriver à 17h00 à un refuge couvert, ce qui tombe bien vu qu’un orage éclate au moment où J’arrive avec de la grêle et des éclairs. Quel plaisir d’être au sec et à couvert quand il pleut !


J 135 (08 septembre) : mile 2347,5 à 2375,4

Départ dans la brume et un petit crachin qui va rester présent toute la journée par intermittence. Du coup, assez peu de vues malgré de nombreuses montées et descentes. Par contre, aujourd’hui on a droit à 2 trails magic dans la même journée malgré le mauvais temps : un vers 7h00 avec des pancakes, café, fruits et œufs brouillés, et un à l’arrivée vers 18h00 avec hot dogs et bière. Campement au bord d’un lac avec pluie plus intense à partir de 20h00 et toute la nuit.


J 136 (09 septembre) : mile 2375,4 à 2393,6

Départ du campement bien mouillé et encore une fois crachin et brouillard pour la journée. L’objectif est d’atteindre Snoqualmie Pass avant le repas de midi pour se mettre au sec et profiter de l’après-midi et de la nuit de repos, il ne faut donc pas traîner. Pas de vues encore une fois à cause de la pluie et du brouillard, donc je file sans m’arrêter malgré un chemin assez caillouteux et pas mal de passages avec des marches et des racines glissantes. J’arrive à 12h30 un peu frigorifié et trempé et je me prends une grande douche chaude avant d’aller manger. Je réussis à faire sécher ma tente sur le parking quand un timide rayon de soleil fais son apparition pendant un petit quart d’heure. C’est déjà ça de gagné pour demain. Malheureusement la météo nous annonce des orages pour demain soir, et de la pluie quasiment tous les jours pour les 10 prochains jours, c’est-à-dire jusqu’à la fin du voyage… J’espère qu’on va échapper aux tempêtes de neige.

J 119 à 125 (23 au 29 août) : mile 2000,9 à 2146,7


J 119 (23 août) : mile 2000,9 à 2008,8

Journée détente à Sisters et corvées lessives et achat de nourriture. J’achète de nouvelles chaussettes car les miennes me font mal maintenant. Il faut dire qu’elles ont 1000 miles dans les mailles… Une 4ème et dernière paire de chaussures m’attend à la prochaine étape. Départ vers 16h30 pour le stop, on est pris tout de suite. On commence à marcher vers 17h00 et là on tombe sur un trail magic 5 minutes après le départ. On prend un soda et un croque-monsieur puis on se remet en route pour les 8 miles prévues. La lumière du soir est très belle et met bien en valeur la chaîne des three fingers Jack et le mont Jefferson au loin. Arrivée au campement un peu avant 20h00 avec un magnifique coucher de soleil qui n’en finit plus .


J 120 (24 août) : mile 2008,8 à 2034,4

Une bonne partie de la journée va se faire dans une forêt brûlée. On passe plusieurs petits lacs et le sentier va contourner progressivement le mont Jefferson que l’on voyait hier soir. Après une bonne remontée l’après midi, on traverse la Russel creek, un torrent puissant qui dévale la montagne, puis on suit la White water river qui comme son nom l’indique à une couleur blanche. Cela nous mène sur un beau plateau où l’on campe au bord d’un lac.


J 121 (25 août) : mile 2034,4 à 2058,8

La matinée commence avec une bonne montée dans les cailloux et le froid (5°C) pour passer à la montagne suivante. Je me sens fatigué et j’ai l’impression de ne pas avancer. La descente suivante se fait aussi dans les cailloux avec des racines et des marches. Je rattrape Fred qui n’avance pas mieux que moi ce matin. Après la pause de 10h30, on n’a fait que 9 miles en 4 heures alors qu’habituellement il ne m’en faut que 3… Je décide de mettre le turbo avant manger et Fred m’emboite le pas. On se fait les 6,7 miles qui restent en 2 heures à fond les ballons. Repas au bord d’un lac puis 2 remontées l’après-midi pour terminer avec ravitaillement en eau au bord d’une jolie source entourée d’une multitude de pieds de myrtilles, je me régale.


J 122 (26 août) : mile 2058,8 à 2083,2

Il fait encore bien froid ce matin, 4°C au départ, et ça va durer jusqu’à 10h00. Ça descend tranquillement pendant 2 heures puis une petite montée tranquille. Ça redescend ensuite sur un grand lac que je longe pendant une bonne heure avant une dernière montée.


J 123 (27 août) : mile 2083,2 à 2102,5

Il fait meilleurs ce matin, 10°C et le chemin descend tranquillement pour commencer. Le but aujourd’hui est d’arriver à Timberline lodge pour le repas. C’est un grand et vieil hôtel de 1937 mais aussi une petite station de ski qui est devenu célèbre pour avoir été le lieu de tournage du film Shining de Stanley Kubrick avec Jack Nicholson. Une bonne montée bien raide m’attend avant de l’atteindre mais avec une très belle vue sur le mont Hood, la montagne enneigée qui le surplombe. Arrivée vers 11h30, le site est superbe et je m’attend à voir Jack Nicholson débarquer avec sa hache. On va au resto pour prendre le buffet à volonté avec plein de salades, de crudités et de légumes. Sieste obligée sur les transats de la grande terrasse. Je récupère aussi ma 4ème et dernière paire de chaussure à la poste. Départ vers 16h00 pour 2 petites heures supplémentaires de marche en passant le mile 2100.


J 124 (28 août) : mile 2102,5 à 2130,8

Le trajet aujourd’hui est assez roulant avec pas mal de forêts. Quelques dernières vues sur le mont Hood et des paysages assez minéraux au début. En fin de journée, on passe sur des crêtes avec de beaux paysages. Après 28 miles, je plante ma tente au bord d’un joli lac avec une bonne baignade.


J 125 (29 août) : mile 2130,8 à 2147,6

La pluie est venue par petite touches mouiller nos tentes cette nuit. Pliage mouillé ce matin mais pas de pluie au départ. Une petite montée pour commencer puis une grande descente va m’amener au point le plus bas du PCT (200 pieds) qui est aussi la frontière entre l’Oregon et le Washington via le pont des dieux qui enjambe la rivière Columbia. Malheureusement, la pluie se met à tomber 2 heures avant l’arrivée. Je finis ma marche complètement trempé à Cascade Locks où je retrouve Joris, Fred et Obi qui est arrivée hier. On fête ça au repas de midi et on file au camping faire sécher nos affaires avant de s’installer.

J 108 à 118 (12/08 au 22/08) mile 1717,7 à 2000,9


J 108 (12 août) : mile 1717,7 à 1741,2

Après un petit déjeuner gargantuesque au motel, on prend un uber pour rejoindre le chemin. Départ un peu avant 9h00 pour une journée plutôt tranquille et vallonnée. Il y a encore quelques jolies vues sur le mont Shasta qu’on termine enfin de contourner. On l’aura vu sous toutes ses faces celui-là. Petite pause déjeuner à l’ombre puis le reste de l’après-midi se passe dans les bois avant de planter la tente près d’un petit barrage ce qui nous permet d’avoir de l’eau. Demain grosse journée au programme, 32 miles, car il y a peu de points d’eau et peu de tentsites.


J 109 (13 août) : mile 1741,2 à 1773,4

Le chemin est assez plat aujourd’hui hormis une petite montée de 5 miles pas trop raide. C’est assez roulant les 25 premiers miles puis ça se complique avec d’immenses étendues de roches basaltiques qui ont du être éjectées des volcans que l’on va traverser dans 2 jours. Le chemin est plein de cailloux les 7 derniers miles et me fait drôlement souffrir des pieds d’autant plus que j’ai une ampoule à chaque talon qui se forme depuis ce matin. C’est sans doute dû au fait que j’ai changé de semelles hier. Il faudra s’occuper de ça ce soir car la douleur est vraiment gênante. En tout cas, nouveau record de distance à 32,1 miles.


J 110 (14 août) : mile 1773,4 à 1800,7

Le chemin monte pendant 3 miles puis reste à peu près plat toute la matinée dans la forêt. On se fait agresser par des hordes de moustiques jusqu’à midi malgré les sprays répulsifs qui n’ont pas l’air de leur faire grand-chose. Je vois tous les randonneurs se donner des claques pour les tuer comme moi.
L’après-midi, ça remonte dans des pierrier et la vue se dégage sur les montagnes alentours. On voit les amas de pierres basaltiques qui tapissent le bas des montagnes.


J 111 (15 août) : mile 1800,7 à 1821,7

Aujourd’hui je redescends vers Mazama, le camps de base pour Crater Lake, un grand lac volcanique très connu ici avec une île au milieu. On va camper là bas et partir très tôt demain matin vers 4h00 pour arriver au lever du soleil. Le chemin est facile mais sans réel point de vue. On traverse pendant un long moment une forêt brûlée. Arrivée vers 15h00 au camp, douche, lessive et courses. Demain on doit faire 30 miles car ce sera le seul point d’eau sur le parcours.


J 112 (16 août) : mile 1821,7 à 1856,2 (-5 miles Crater Lake)

Départ à 4h00 du camp de Mazama avec 1h40 de montée bien raide à la frontale. On prend la déviation pour Crater Lake qui n’est pas sur le PCT. Arrivée sur le lac à 5h40, pile avec les premières lueurs du soleil, c’est magnifique. Le chemin suit les bords du cratère et c’est assez raide au début puis ça s’atténue. Pendant qu’on contourne le cratère on voit toutes les couleurs du soleil qui s’élève. Ensuite on rejoint le PCT 11 miles plus loin et il reste une bonne trotte. Tout d’abord une vaste forêt plane qu’il faut traverser et dans laquelle je prends mon repas et fais une bonne sieste car je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit. Ensuite une ascension de 2 heures avec à nouveau de beaux points de vue sur la forêt et le mont Thielsen que l’on contourne. Arrivée au campement à côté de la rivière qui descend du glacier de Thielsen. Surprise, on retrouve Rémi qui a passé 3 jours avec sa famille et qui est là ce soir.


J 113 (17 août) : mile 1856,2 à1880,6

Lever un peu plus tard à partir de ce matin car maintenant il fait jour vers 6h00 et il fait à nouveau froid (3 degrés ce matin au lever). Je mets donc mon réveil à 5h30 désormais, d’autant plus que j’étais fatigué hier. J’ai donc passé une meilleure nuit et je pars en forme. Le chemin aujourd’hui est vallonné sans trop de grosses côtes, avec pas mal d’ombre, de belles forêts et de beaux points de vue. On commence par monter à 7500 pieds, le point le plus haut du PCT dans l’Oregon, puis on redescend tranquillement avec quelques lacs. Je rejoins Fred pour le repas et des randonneurs qui passent dans l’autre sens nous signalent un trail magic 4 miles plus bas. On finit de manger léger rapidement et on se remet en route pour arriver effectivement à notre premier Trail magic de l’Oregon. Et pour le coup il est vraiment génial : hamburgers au grill avec des vrais steak hachés frais et des légumes, boissons à volonté (sodas, bières glacés), oranges, pommes, brownies maison, cookie… C’est l’orgie dans la bonne humeur avec 7 ou 8 autres randonneurs et Joris et Rémi qui nous rejoignent. On reste là de 15h00 à 18h00 à papoter et profiter. Puis on repart pour trois quarts d’heure de marche avant de poser nos tentes.


J 114 (18 août) : mile 1880,6 à 1906,6 + 1,4 miles pour Shelter Cove

La journée débute par une petite côte d’une heure avec de beaux points de vues, ensuite descente de 9 miles puis remontée de 6 miles en haut de laquelle se trouve Diamond peak et sa rivière avec un très beau spot pour un pique-nique. Vient ensuite une longue descente de 9 miles pour arriver à Shelter Cove, notre campement et réapprovisionnement.


J 115 (19 août) : mile 1906,6 à 1925,1 + 1,4 miles pour revenir sur le PCT

On prend un peu de temps pour nous le matin. Départ à 9h30 avec une ascension tranquille avec de multiples lacs tout le long et de belles vues alentours. Vient ensuite une descente au bout de laquelle je prends une petite bifurcation de 0,3 miles pour aller chercher de l’eau et pique-niquer au bord d’un lac très joli. Nouvelle montée après manger puis redescente vers un nouveau lac au duquel nous allons camper. Comme on arrive tôt j’en profite pour me nettoyer les jambes et le visage dans le lac puis j’allume un beau feu au bord duquel nous allons manger et passer la soirée avec un magnifique coucher de soleil.


J 116 (20 août) : mile 1925,1 à 1950,4

On a droit à un très beau lever de soleil.
La journée va se passer dans les bois, d’abord dans une petite forêt brûlée, puis quelques hauts et bas et encore de nombreux lacs. Pas de vues dégagées aujourd’hui, mais encore pas mal de moustiques. C’est peu varié et du coup j’en profite pour écouter un peu de musique.


J 117 (21 août) : mile 1950,4 à 1974,8

La pluie est annoncée pour cet après-midi et le ciel est déjà bien couvert. Je monte tranquillement la première côte puis redescends longuement dans les bois pour arriver aux pieds des three sisters, trois montagnes sœurs enneigées. C’est assez minéral avec une végétation sèche. Je mange tôt vers 11h00 vu la pluie qui se profile, et j’ai bien fait car il se met à pleuvoir vers 11h30. J’enfile m’a tenue de pluie et c’est parti pour 4 heures d’ascension mouillée. En route on croise une jolie cascade de 8 mètres et une zone couverte d’obsidiennes, des pierres volcaniques noires qui luisent drôlement sous la pluie. Pas de photos pour cause de pluie…


J 118 (22 août) : mile 1974,8 à 2000,9

Il a plu toute la nuit et ça s’est calmé vers 04h00. Pliage de la tente toute mouillée et départ dans une jolie brume qui dévoile progressivement les sommets des 3 sœurs avec un arc-en-ciel. Ça descend ensuite progressivement pour aboutir dans un grand champs de lave. C’est très douloureux pour les pieds mais ça a une sacré gueule. On se croirait sur la lune. Vient ensuite une forêt brûlée puis une longue descente. Je franchis le mile 2000 en fin de journée avec un trail magic de bière bien fraîche. Il nous faut ensuite faire du stop pour rallier Sisters. Après un peu d’attente, on est pris par une camionneuse prénommée Summer qui nous embarque dans sa cabine et que l’on invite pour sa pause à boire un coup. Mémorable moment.

J 107 (11 août) : Zero day

Une bonne journée tranquille à Ashland. Je fais les courses pour la section suivante, j’achète 2 nouveaux tee-shirts pour remplacer mes anciens trop abimés et une casquette pour remplacer mon chapeau. Ensuite on trouve un super pub irlandais où on va passer un après-midi mémorable avec Joris et Fred. Un groupe de musique irlandaise va jouer tout l’après-midi pendant que je déguste un délicieux fish and chips. On boit pas mal de bière aussi…

Soirée repos avec sauna, hammam et piscine au motel.

J 98 à J 106 (02 au 10 août) mile 1501,2 à 1717, 7


J 98 (02 août) : mile 1501,2 à 1525, 5

Trop bien dormi après une bonne soirée passée avec d’autres hikers, réveil tardif vers 7h00. On prend un super petit-déjeuner avec café, pancakes, tartines et confiture. La propriétaire est adorable, elle a réussi à réparer les 2 bretelles de mon sac à dos qui se décousaient dangereusement. Elle l’a fait ça à sa manière avec du fil de couleur et un joli patch de tissu bariolé mais ça marche. Elle nous amène au départ du Trail en voiture, c’est moins dangereux que de marcher le long de la voie ferrée même si c’est moins dans l’esprit baroudeur … Départ tardif vers 9h00. Il va falloir envoyer pour rattraper le retard vu qu’il y a 24 miles à faire aujourd’hui… dont 20 de montée ! Il fait déjà très chaud et ça ne va pas s’arranger d’autant plus que la majeure partie de la montée va se faire à découvert et souvent dans des pierriers. Mais ce petit repos d’hier m’a vraiment fait du bien et je me sens en forme. J’avale les 5 premières heures avant de m’arrêter manger à côté d’une source. Je ne tarde pas trop à repartir car il me reste encore 10 miles à faire et il est déjà presque 15 heures. Je fais un dernier plein d’eau à une source un peu à l’écart du chemin puis termine les derniers miles avant de planter ma tente près d’une crête. Aujourd’hui il y avait de belles vues tout le long et ça devrait continuer les 3 prochains jours car on reste sur les crêtes.


J 99 (03 août) : mile 1525,5 à 1552,7

Le chemin aujourd’hui est à peu près plat, ondulant autour des crêtes et des flancs de montagnes. La progression est donc facile et agréable avec de beaux points de vue. Je croise pas mal de touristes à la journée car il y a une route avec un parking pas loin. On croise aussi de nombreux petits lacs en dessous de nous et même quelques petits névés isolés. À côté d’un cours d’eau je tombe sur de jolies plantes carnivores. J’en prendrais bien une pour s’occuper des moustiques…


J 100 (04 août) : mile 1552,7 à 1581,3

Je débute la journée par 2 séries de montées pas trop difficiles. Les paysages sont très beaux et dégagés de part et d’autre du chemin et je recroise encore quelques névés isolés. À midi je tombe sur un spot magnifique en haut d’une montagne avec une vue à couper le souffle et un bel endroit plat sous un arbre, idéal pour mon repas. Je termine ensuite la montée puis le chemin reste un peu sur le plateau avant de redescendre en passant plusieurs petits cols. Arrivé en bas je me pose un peu car c’est l’endroit où j’avais prévu de bivouaquer au bord d’un ruisseau, mais c’est assez encaissé et sombre. Je décide de poursuive 2 miles-et-demie de plus. J’ai déjà un peu plus de 26 miles dans les pattes et il est 17h30. Alors je convoque mon arme ultime : une bonne vingtaine de M&M’s et ma playlist des Rolling Stones qui tue. J’attaque la montée au rythme des percussions vaudoues de sympathy for the devil puis du piano enivrant de she’s a rainbow sur lequel j’improvise quelques pas de valse avec mes batons. Je suis ensuite accompagné par la chorale folle de you can’t always get what you want, Brown sugar et it’s only rock’n’roll. J’arrive au tentsite tout étonné d’y être déjà. Le spot est sur un petit col avec vue des 2 côtes de la montagne et le soleil promet de me faire un festival de couleurs en se couchant devant ma tente.


J 101 (05 août) : mile 1581,3 à 1601,9

C’est finalement le lever de soleil qui est le plus beau sur ce spot. Je pars vers 6h00 comme d’habitude. Je croise un grand troupeau de vaches qui ont la bonne idée de passer devant moi sur le chemin étroit. Je suis obligé de les pousser pour pouvoir avancer avant qu’elles daignent prendre un embranchement. Il va y avoir ensuite 2 bonnes montées puis une grande descente qui va m’amener au croisement de la route qui mène à Etna 10 miles plus bas. C’est une route très peu fréquentée et j’attends 1 heure en plein soleil avant de voir passer une voiture et d’être pris en stop. En bas je prends une douche, je fais la lessive et les courses puis repars en stop vers le chemin avec Joris qui m’a rejoint après mes 3 jours en solitaire. On attend encore un bon moment avant d’être pris et on arrive au chemin à 19h00. Nous marchons 1 heure et plantons la tente.


J 102 (06 août) : mile 1601,9 à 1629

La matinée commence avec une alternance de montées et descentes dans une forêt brûlée que je vais suivre toute la matinée. Vers 11h00 se dressent 2 grandes montées très raides avec plein de rocaille en plein soleil. C’est dur et chaud à cette heure là et j’en viens à bout vers 12h30 pour le repas. L’après-midi, je sors de la forêt brûlée qui fait place à de grands espaces verts et de multiples fleurs de montagne, on sent qu’on approche de l’Oregon et qu’on va bientôt quitter la Californie. Une dernière grande montée bien raide m’attend avant de poser la tente au bord d’un beau lac.


J 103 (07 août) : mile 1629 à 1656,7

2 montées encore bien raides pour commencer mais heureusement courtes (2 miles). Ensuite c’est la grande dégringolade vers Seiad Valley 5600 pieds plus bas. Le début de la descente est d’abord agréable à l’ombre et pas trop raide, ce qui permet de trottiner tranquillement. Il y a plein des baies au bord du chemin et notamment des mûres et des framboises que je cueille avec plaisir. Ensuite ça se corse : le chemin n’a pas été entretenu depuis longtemps et comporte de nombreux affaissements dans la pente, des plantes et arbustes envahissants et surtout énormément de troncs morts couchés qui empêchent de passer. Il faut grimper par-dessus car la pente de la forêt est trop raide pour contourner. Et comme on descend énormément en altitude le thermomètre grimpe à une allure folle. Je suis en nage même quand je m’arrête. Je fais ma pause de midi au bord d’un torrent à l’ombre mais même là je dégouline… La fin de la descente est difficilement supportable du point de vue chaleur d’autant plus qu’on se retrouve sur une route de campagne goudronnée pendant 6 miles. On longe la rivière Klamath qui est remplie d’oies sauvages et de canards . 2 miles avant la fin je vois arriver Joris à bord d’un vieux 4×4 conduit par un non moins vieil Américain qui s’arrêtent me prendre et on termine la route en écoutant notre chauffeur monologuer gaiement avec un accent à couper au couteau. On comprend pas grand-chose mais on est aussi contents que lui. On s’arrête manger dans une vieille auberge puis on plante nos tentes au pied de la grande remontée qui nous attend demain. Il fait une chaleur étouffante et j’ai du mal à m’endormir. Vivement qu’on remonte dans nos montagnes.


J 104 (08 août) : mile 1656,7 à 1680,1

J’attaque donc directement par la montée de bonne heure. Elle est bien raide et va me ramener en haut des montagnes en 9 miles environ. Heureusement qu’il fait plus frais qu’hier sinon ç’aurait été l’enfer. Arrivé au sommet on alterne montées et descentes avec de jolies vues sur les montagnes environnantes et encore quelques lacs. Vient ensuite une bonne descente en’ bas de laquelle je mange à proximité d’une source bien fraîche. Après le repas, il va falloir remonter la montagne en face puis à nouveau un chemin qui alterne montées et descentes. Arrivée au camps après 23,5 miles mais encore plein les pattes de 2850 mètres de dénivelé positif. Demain est un grand jour puisque je vais enfin quitter la Californie après près de 1700 miles pour entrer en Oregon !


J 105 (09 août) : mile 1680,1 à 1704,7

On a rattrapé Fred qui était devant nous car il ne s’était pas arrêté à Etna. On part ensembles tous les 3 en direction de la frontière. Ça monte un peu puis une grande descente nous mène au pied de la frontière. Il nous reste 1 heure de montée et nous l’atteignons vers 10h00. C’est une grande joie de changer d’état et nous restons une bonne heure pour fêter ça. On repart ensuite pour 2 heures de marche avant de manger. Le ciel se couvre rapidement et la température chute brutalement après manger. On entend le tonnerre gronder bruyamment . On sort nos tenues de pluie et on repart. 10 minutes après l’orage éclate avec une averse de grêle pendant 40 minutes puis ça se calme en restant bien couvert. Tout un tas d’odeurs de terre et de végétaux montent délicieusement aux narines. Je rate le marqueur des 1700 miles à cause de la pluie. On pose le camps vers 17h et la pluie se remet à tomber à la fin de notre repas. On se réfugie tous dans nos tentes.


J 106 (10 août) : mile 1704,7 à 1717,7

La nuit à été courte avec une grosse pluie continue et plein d’éclairs qui sont passés pas loin. Heureusement la pluie s’est arrêtée en fin de nuit. Je m’extraie difficilement de mon duvet qui est tout humide. La tente est évidemment trempée et pleine de boue. Je pars rapidement pour franchir les 13 miles qui me séparent de Ashland, la première ville d’Oregon dans laquelle je vais m’octroyer un peu de repos. Les paysages sont beaux avec une brume dans toutes les vallées environnantes dans laquelle nous allons nous enfoncer en descendant. J’arrive finalement en bas au Callahan’s lodge (un hôtel restaurant) avec Joris et on attend Fred pour manger puis on commande un uber pour Ashland car la pluie s’est remise à tomber. On se trouve un petit motel pour se poser 2 nuits et faire sécher toutes nos affaires.